Bethabara Mission Saint Etienne

Les week-ends ados (12-16 ans) pour le diocèse de Saint Etienne sont nés au printemps 2011 dans les Monts du Forez. Devant ce vide spirituel caractéristique de notre société laïcisée et d’une pastorale trop souvent sécularisée, le père Alexis a rassemblé de jeunes adultes pour organiser des week-ends de réveil spirituel proposés aux adolescents.

L’association Bethabara, fondée par le père Marie-Angel de la communauté Saint-Jean et d’un jeune couple, Pierrick et Marie Thirel, a permis l’éclosion de ces week-end ados. L’équipe « Bethabara Mission » après l’Angleterre et l’Autriche a participé aux deux premiers week-end (octobre 2011 et mai 2012).

DOCUMENT EXTRAIT DE :

«  UNE EXPERIENCE SPIRITUELLE ET PASTORALE 

Dans la lumière de la lettre aux catholiques de France»

Père A.Rigot- diocèse saint Etienne-

Les 14-15-16octobre 2011, à Saint-Bonnet-Le-Château,dans le diocèse de St Etienne, 51 jeunes de 12 à 16 ans étaient rassemblés pour un WE ados « Allume le Feu ». Ce week-end fut un événement (cf. Lc 2, 19), une parole divine en action pour les adolescents comme pour les accompagnateurs. Des jeunes ont témoigné.

De leur rencontre avec la personne du Saint-Esprit. Dieu est devenu une réalité pour eux, une personne vivante, et plus seulement une idée, un concept. Ce week-end a changé leur vie et donné un nouvel éclairage à la catéchèse qu’ils avaient reçue jusqu’à présent .Cette expérience fut d’une telle intensité qu’il m’a semblé important d’en relire le vécu d’une part, pour opérer un discernement avec l’autorité ecclésiale, d’autre part, pour situer Cette expérience spirituelle et pastorale dans le champ des grands documents de l’Eglise qui est en France. Quel est l’appel de l’Esprit Saint pour la pastorale et l’évangélisation des jeunes dans notre société française?

Selon le comptage dans la Lettre aux catholiques de France, « l’expérience » qui a Dieu pour objet revient 20 fois, si lorsque cette expérience spirituelle signifie une expérience du Dieu révélé. Les évêques français soulignent ainsi l’importance de l’expérience spirituelle pour la proposition de la foi. Car cette dernière n’est pas seulement la proposition d’un contenu ou de connaissances: «Il ne suffit pas d’enseigner aux catéchumènes et aux jeunes qui demandent le baptême et la confirmation, ces éléments fondamentaux du Credo. »

La Lettre aux Catholiques exprime la difficulté, pour les jeunes, d’entrer dans l’héritage de la tradition chrétienne: «Ce point concerne tout particulièrement la jeunesse. Malgré les efforts entrepris dans le domaine de la pastorale des jeunes, et malgré les résultats positifs que l’on peut dès maintenant enregistrer, comment ne pas entendre un certain nombre d’entre eux, lorsqu’ils se disent comme étrangers à ce qu’ils perçoivent de l’Eglise ? »

Aussi nous faut-il chercher, pour les adolescents, des parcours qui conduisent à entrer en contact avec le Dieu Sauveur et qui les mènent à une vie sacramentelle régulière. Du reste, la question de la pratique sacramentelle régulière nous interroge nous-mêmes sur notre propre expérience spirituelle.

Dans son homélie du 20 juillet 1962, le père Marie-Eugène de l’enfant-Jésus déclarait: «. Je crois que l’ensemble des âmes, sans exiger d’avoir des phénomènes extraordinaires proprement dits, a besoin de cette expérience de Dieu par les dons du Saint-Esprit que nous trouvons tout simplement dans l’oraison et la contemplation…. Ce qui paraissait autrefois comme quelque chose d’extraordinaire pour des âmes privilégiées, devient maintenant nécessaire pour tous les chrétiens… »

L’expérience des week-ends Bethabara dans la recherche de chemins nouveaux:

Au terme du week-end ados, le soir du dimanche 15 octobre, 2011, l’équipe animatrice était plongée dans l’action de grâce. Personnellement, je goûtais à la profondeur du silence intérieur. Un silence rempli de la présence de Dieu. Un silence plus évocateur que les mots pour dire le mystère de Dieu et l’expérience que nous venions de vivre ensemble. Je comprenais cette parole: «le silence est le langage des anges.»

En présence de Dieu, les paroles deviennent inutiles. Nous étions émerveillés par la contemplation de l’œuvre de Dieu rendu visible sur le visage des adolescents. Une vidéo en témoigne. Non seulement les jeunes avaient vécu une Pentecôte mais les adultes étaient complètement renouvelés dans leur vie baptismale. Tous ensemble, jeunes et moins jeunes, nous pouvions témoigner des merveilles que le Seigneur avait opérées en trois jours. Plusieurs ados ont parlé publiquement de leur rencontre avec la personne du Saint-Esprit. D’autres ont évoqué une expérience très forte dont ils n’avaient pas les mots pour l’expliciter. Tous, nous avons ont été renouvelés dans la foi. Tous, nous avons goûté à la présence de Dieu. Comment une telle expérience a-t-elle pu être possible?

Le week-end ados a été organisé à partir d’un objectif, d’une vision, portée par l’association ‘Bethabara-France’ qui agit pour le réveil spirituel des adolescents. Cette vision correspondait pleinement à ce que nous voulions leur proposer : Un lieu ecclésial où ils pourraient vivre une rencontre avec Dieu et faire l’expérience de la puissance libératrice du Christ..« Je n’ai pas honte d’être au service de l’Évangile, car il est la puissance de Dieu pour le salut de tout homme qui est devenu croyant, d’abord le Juif, et aussi le païen» (Rm 1, 16).

L’objectif du week-end était donc de conduire les jeunes au cœur de la foi. Toute la préparation matérielle et spirituelle était organisée autour de cette vision. Elle était notre prière et chaque animateur s’y était préparé spirituellement. L’expérience de Dieu a pu se vivre

grâce à la louange, au témoignage, à la prédication, au ministère et

à la confession. La louange nous donne d’entrer dans la présence de Dieu: «Tu es saint, toi qui habites les hymnes d’Israël.» (Ps 21, 4) En proclamant des psaumes, des cantiques bibliques d’amour qui nous mettent en contact avec Dieu. Peu à peu dans la louange, nous sommes conduits à l’adoration. Nous comprenons alors que la louange n’est pas simplement un temps festif émotionnel, «au coin du feu», pourrions-nous dire. Elle a pour but d’introduire toute l’assemblée dans l’adoration du Dieu unique. Cette louange est conduite avec discernement, par une équipe, sous l’inspiration de l’Esprit Saint, dans le choix des chants et des prières spontanées. Déjà dans la louange, Dieu est à l’œuvre. Il se donne à son Peuple qui le loue, l’adore de tout son cœur, de tout son être. « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force.» (DT 6, 5) Par l’exercice des vertus théologales et le dispositif passif des dons du Saint-Esprit, dressés comme des capacités en attente de l’action divine, le Seigneur commence à visiter les cœurs.

Durant cette présence agissante du Seigneur dans le secret des cœurs, les équipiers de prière doivent être attentifs à ce qu’il se passe dans l’assemblée. Si l’action divine est «non sensible», la

personne humaine dans sa chair peut réagir. Cela se traduit

parfois par des manifestations sensibles: joie, acclamation, exultation, repentance, pleurs, libération… Certaines manifestations peuvent nécessiter une prière plus personnelle des équipiers de prière. Le témoignage est un outil très utile pour éveiller la foi. Il donne accès à une foi vivante incarnée dans une vie. Cette foi est centrée sur le mystère de Dieu et son action. Elle sollicite l’action de grâce et l’émerveillement pour l’œuvre de Dieu dans une vie. On distingue le témoignage « choc », la conversion brutale et radicale; le témoignage « chic », la conversion plus lente et plus ordinaire. La prédication vivante et percutante tient une grande place au cours des week-ends. La foi naît de l’écoute de la Parole. « La foi naît de ce qu’on entend ; et ce qu’on entend, c’est l’annonce de la parole du Christ »(Rm 10, 17)

.

Elle ravive dans les cœurs le feu de l’Esprit. Le temps de ministère

vécu dans la prière suit le temps de prédication. Nous prions Dieu pour que sa Parole, qui vient d’être annoncée, puisse s’incarner dans la vie et le cœur des adolescents. Le temps de ministère est conduit par le prédicateur de manière inspirée selon ses motions intérieures, la Parole prêchée et les réactions du groupe des adolescents. La confession tient une place très importante durant ces week-ends. Elle est le lieu où le jeune peut déposer son péché qui l’empêche d’accueillir la grâce de Dieu. Nous avons remarqué que l’on assiste à un « avant » et un « après » la réconciliation. L’action du Christ dans la confession est souvent déterminante, dans la mesure où le jeune vit pleinement et authentiquement ce sacrement. Cette démarche est le fruit d’un début de l’expérience spirituelle avec Dieu. 22La célébration de la messe vient alors couronner l’expérience de la rencontre avec Dieu -pendant ce week-end, une messe de trois heures a été le point culminant de l’expérience spirituelle de ce groupe d’adolescents. Après avoir goûté à la présence de Dieu, à son action libératrice, ils étaient dans la joie de célébrer le mémorial du Salut. Ayant cheminé avec le Christ, conversé avec Lui, ils pouvaient L’accueillir pleinement dans la célébration eucharistique (cf. Lc 24: les pèlerins d’Emmaüs).Durant le week-end, des temps d’ateliers sont organisés pour traiter de thèmes importants de la vie chrétienne: entre autres, les relations entre filles et garçons, l’Esprit Saint et les charismes, le témoignage chrétien.

L’équipe d’accompagnement est composée d’adultes (laïcs

et prêtres) et d’autres jeunes, unis par les liens de la charité. Ceux-

ci sont choisis et appelés. Après une petite formation, ils sont alors en mesure de se mettre au service des adolescents durant les week

-ends. L’équipe vit au même rythme que les adolescents: repas pris

ensemble, temps de pause récréatifs -l’équipe se réservant des temps de relecture et de prière. Nous sommes vraiment là avec eux et pour eux. A tout moment, les adolescents sont libres de poser une question ou de rencontrer un adulte plus personnellement. Beaucoup durant le week-end ont exprimé le besoin de parler et d’être écoutés.

Dans l’association Bethabara, il existe des week-ends de première annonce de la foi, appelés week-ends A, et des week-ends d’approfondissement pour nourrir l’intelligence de la foi, appelés

week-ends B. Si Bethabara n’est pas une pastorale en tant que telle, l’association a le souci de renvoyer les jeunes vers leurs paroisses, mouvements et aumôneries. Et un accompagnement est proposé à ceux qui le souhaitent.

P. Alexis RIGOT, En la fête de la Présentation de l’Enfant-Jésus au Temple

Jeudi 2 février 2012