Monseigneur Patrick Jacquin

Chers amis,

le 2 Novembre prochain sera enterré à Notre Dame de Paris, Monseigneur Patrick Jacquin. Père Jacquin a été recteur de la cathédrale parisienne et des sanctuaires de Lourdes. Plus affectivement pour notre diocèse, il avait une maison à Saint Palais, dans laquelle il m’invita en vacances avec les jeunes de l’aumônerie scolaire l’été 1987.

Alors même que je viens d’arriver comme prêtre sur Saintes ( avec ma fraternité Apôtres de la Vie ), je ne peux pas m’empêcher de confier cette figure de prêtre, le premier à m’avoir fait connaitre ces terres de Charentes Maritimes. En effet Mgr Jacquin est la figure sacerdotale qui m’a accueilli comme aumônier de mon Lycée à Paris l’année de mes 15 ans, en Septembre 1985. Il est ce prêtre qui , audacieusement, a réussi à me faire cheminer vers la vocation. Responsable du FRAT des jeunes à Lourdes, il me confiera , adolescent, mes premières responsabilités en Église. C’est lui qui me poussa à accepter la mission de responsable d’aumônerie des collèges et lycées publiques et techniques Arago/Boulle/Flavien dans le 12 ème arrondissement pendant 2 ans, au sortir de mon service militaire chez les Pompiers de Paris. Je reçu donc l’une des premières lettres de mission pastorale pour laics, du diocèse de Paris des mains de Monseigneur jean MarieLustiger. C’était il y a 30 ans !

Père Jacquin était pour moi un visage incontournable, drôle, chaleureux et tranchant. Nos spiritualités ne se croisaient pas toujours, mais sans cesse nous finissions nos discussions sur une certitude: un bon repas doit clore tout débat. Je le retrouvais alors à « l’Européen », son resto près de la gare de Lyon. Nous l’appelions « Quinquin » ou  » Bisounours », il nous fit rire moultes fois, pleurer parfois. Un soir où je lui confiais ma certitude d’être appelé par Dieu – je devais avoir 16/17 ans- , il versa pudiquement des larmes de joie. Nous étions seuls à l’aumônerie, c’était en hiver et il était tard. Alors il me dit:  » Je pleure parce qu’on ne se couche jamais sans avoir trouvé son successeur. Maintenant je peux me coucher en paix car je sais que tu seras prêtre ».

Aujourd’hui je me souviens du 4ème commandement de Dieu  » Tu honoreras ton père.. ». Parce qu’il a été mon père spirituel, je le confie à votre prière , dans l’eucharistie en particulier.

Merci cher Patrick, que Dieu te prenne auprès de lui!

Paix à ton âme.

frère Marie Angel, aumônier Gendarmerie Charentes Maritimes .